Orties

Dames de fer

Certains vous diront que l’ortie n’est qu’une squatteuse de jardins aux feuilles dentelées pleines de venin. D’autres, qu’elle est extra-ordinaire et offre mille et une vertus. Une chose est sûre, c’est une plante qui se défend.

Première expérience ce samedi midi dans cet établissement situé au numéro 24 de la rue Rodier. A sa tête, une jeune pousse en reconversion, Thomas Benady, ancien libraire de Boulogne-Billancourt.

Nous sommes accueillis dans un décor fleuri qui rappelle l’humilité des maisons de campagne : tomette au sol ; murs blanc, vert canard ou en liège ; chaises en bois ; serviettes en lin ; lierre au plafond ; luminaires suspendus…

Bien au chaud dans ce petit enclos qui compte une trentaine de couverts, nous choisissons le menu dégustation en 8 courses. Pour démarrer, on nous ameublit avec de petits pains soufflés remplis de tarama, on croque, on salive, nous voilà prêts à prendre racines. La découverte se poursuit avec une bonite crue accompagnée d’œuf et maïs en grain et purée. Pas convaincue par l’association mais je salue la fraîcheur du poisson. Arrive une Saint-Jacques charnue juste saisie, servie dans son bouillon et relevée de baie poivrée de Tasmanie (qui aurait mérité une présence plus soutenue). On continue avec un risotto d’épeautre onctueux présenté sous un lit de champignons de Paris vigoureusement acidulés = coup de cœur n°1. Puis, crabe vert (ou enragé) frit. On a beau mettre les doigts, la chaire nous manque, nous abandonnons la bestiole pour se contenter de tartiner le doux ketchup de betterave qui l’accompagne sur du pain craquant. Suit une assiette très iodée : lieu jaune, salicornes, huîtres. Et une viande : veau parfaitement rosé, trompettes de la mort, chips et purée de châtaigne, gourmand plat d’Automne = coup de cœur n°2. Enfin, on nous ravive avec un sorbet carotte et une gelée d’arbousier, avant de terminer sur une tartelette en toute simplicité : pâte sablée, crème pâtissière et figue fraîche saupoudrée de zeste de citron vert.

Coté arrosoir : un blanc sec très minéral des côtes catalanes, Prolégomènes ; en rouge : un beaujolais de Mathieu Costes.

Bilan : parfois des accords scabreux et des assaisonnements à discuter, mais aussi de très belles réussites. A souligner : des matières premières d’une grande qualité et un engagement profond de la part du jeune chef, bien loin d’être une mauvaise herbe. Affaire à suivre !

« L’amour est une herbe spontanée et non une plante de jardin. »  Ippolito Nievo

  • Adresse : 24 rue Rodier, Paris 9
  • Site : orties-restaurant.paris
  • Prix :Midi : À la carte : 4 – 18€, ou menu dégustation : 43€ // Soir & weekend : menu dégustation : 55€

 

 

 

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